Repères, cahier de danse
n°25 - avril 2010
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Les numéros de Repères, cahier de danse
Vous trouverez ci-dessous la présentation et le sommaire de chaque numéro de Repères, cahier de danse.
Ce parcours dans les numéros parus depuis mars 2003 témoigne de l’évolution de la revue et de l’affirmation progressive de son identité. A partir de mars 2006, les numéros sont devenus thématiques, favorisant la mise en relation de plusieurs regards sur un même sujet. La composition de chaque numéro est propre au thème traité, et échappe à l’établissement de rubriques fixes.
Le premier numéro de Repères, cahier de danse est le n°11 : lors du lancement de cette revue, nous avons repris l'ISSN et la numérotation de la revue Adage, dont la publication s'était interrompue en 1995.
N° 25 - avril 2010: Mettre en commun. Se rassembler, se ressembler ?
N° 24 - novembre 2009: Corps de danseurs
N° 23 - avril 2009 : Merce Cunningham et la danse en France
N° 22 - novembre 2008 : quelles cultures en danse ?
N° 21 - avril 2008 : le travail des danseurs
N° 20 - novembre 2007 : danse et musique
N° 19 - mars 2007 : le danseur et l'émotion
N° 18 - novembre 2006 : espaces de danse
N° 17 - mars 2006 : image du corps
N° 16 - novembre 2005
N° 15 - mars 2005
N° 14 - octobre 2004
N° 13 - mars 2004
N° 12 - novembre 2003
N° 11 - mars 2003
N°25 – avril 2010 : Mettre en commun. Se rassembler, se ressembler ?
Qu'est-ce que danser ensemble aujourd'hui ? Face aux créations de ces dernières années, on est régulièrement saisi par la mise en valeur jubilatoire de l'hétérogénéité, des particularités qui distinguent les différents danseurs d'une pièce. Est-ce à dire que la recherche d'un mouvement partagé, d'une qualité homogène, d'un corps commun a disparu ?
Ce numéro propose d’abord d’observer des projets impliquant un groupe nombreux : vêtement collectif, Flash Mob... Une question surgit alors : que met-on en commun lorsqu'on travaille ensemble? Y a-t-il un lien entre se rassembler et se ressembler ? Le lecteur est invité à approcher cette articulation en s’intéressant aux cadres dans lesquels se crée une communauté de mouvement et de posture – l'air de famille au sein d'une école, d'une compagnie – ainsi qu’à des pièces récentes qui questionnent la fondation d'un ensemble, en termes de composition et/ou d'investissement corporel.
Or une telle investigation est loin d’être neutre. Si le thème du rassemblement, du collectif suscite l'adhésion, en revanche les termes commun ou homogène inspirent aux danseurs de la prudence, voire de la méfiance : derrière l'idée de ressemblance rôde le spectre de l'embrigadement totalitaire et de l'autonomie abdiquée – d'autant plus inacceptables que la danse contemporaine s'est en partie construite sur le refus de l'uniformité et du « formatage ». C'est donc une question à haute valeur politique et symbolique que les artistes et chercheurs sollicités pour ce numéro acceptent de se poser. Il y a parmi eux des interprètes, des chorégraphes, des enseignants, une élève de conservatoire, une costumière, un critique, une chercheuse en philosophie, une anthropologue… Tous rappellent que se rassembler ou se ressembler donne lieu à des inventions multiples, qui redéfinissent constamment le sens de ces deux verbes. Faire corps commun peut être une question de regard, d'espace. Un unisson révèle aussi l'irréductible diversité de ceux qui le forment. Et ressembler à l'autre peut être un risque, mais également un défi ou un désir, qui amène le danseur à se transformer.
- Inquiétudes et paradoxes du commun
Danser ensemble, danser comme, danser avec ?
par Marie Bardet
Marie Bardet étudie ici des projets chorégraphiques récents qui témoignent du désir de remettre en jeu l’articulation du singulier et du collectif : faire une danse commune, est-ce toujours chercher à faire la même danse ? Comment dépasser l’alternative entre une danse qui dirait la diversité des corps, d’une part, et d’autre part une danse qui, en voulant créer un « corps commun », se confronterait au risque d’une homogénéité appauvrissante ?
Marie Bardet propose d’identifier plusieurs modalités du commun dans la danse : le commun comme ensemble (avec la figure de l’unisson), le commun d’une danse comme tout le monde, et le commun comme partage (danser avec). Cette réflexion, qui s’appuie notamment sur les écrits du philosophe Jacques Rancière, s’attache tout particulièrement aux pièces Tempo 76 et Publique de Mathilde Monnier, ainsi qu’à Masse de Loïc Touzé, Latifa Laâbissi et Jocelyn Cottencin.
Regrouper
- Vêtement collectif
un atelier imaginé par Misa Ishibashi
La créatrice de costumes Misa Ishibashi a inventé un costume conçu pour être habité par plusieurs personnes à la fois : le rassemblement des corps, voire leur fusion – les contours de chacun disparaissant dans l’enveloppe commune -, trouve ici une expression puissante. Mais la force d’un tel objet tient aussi à la façon dont il est fabriqué, au cours d’un atelier collectif.
Cet article s’appuie sur un entretien avec Misa Ishibashi et avec Muriel Venet, qui organise une « reprise » de cet atelier au Centre Pompidou.
- Regroupement planétaire
entretien avec Bud Blumenthal
Bud Blumenthal décrit la façon dont il met en place Dancers! : ce projet aspire à archiver les improvisations de danseurs du monde entier, mais aussi à les faire dialoguer, par le biais du site internet www.dancersproject.com. Les danseurs participant exposent leur univers, leur singularité. Mais ce regroupement numérique ouvre aussi la voie à l’affirmation, à l’échelle planétaire, de la communauté des danseurs, et de leur identité professionnelle. Le site permet en outre d’identifier des « constellations », des familles de danseurs dont les performances présentent des caractéristiques communes.
- Flash Mob
par Sophie Grappin-Schmitt
S’il est une performance qui repose sur la notion de “groupe”, c’est assurément le Flash Mob : cette mobilisation éclair implique le rassemblement du plus grand nombre possible de participants. Or le fait de regrouper et coordonner des individus n’a rien de simple : prenant l’exemple d’un Flash Mob organisé au Louvre en novembre 2009, par des danseurs de l’Opéra de Paris, pour le bénéfice de l’ONG la Chaîne de l’Espoir, Sophie Grappin-Schmitt met en évidence les pratiques inventives auxquelles donne lieu une telle organisation.
Le commun, l’identique : des catégories occidentales à l’épreuve de l’anthropologie
entretien avec Georgiana Wierre-Gore
Georgiana Wierre-Gore est anthropologue de la danse. Ses recherches sur les danses d’Afrique de l’Ouest et sur le phénomène des raves dans les années 1990 permettent d’approcher la façon dont une activité de type rituel crée une expérience corporelle partagée au sein d’un groupe. Mais ses travaux nous amènent aussi à interroger les termes sur lesquels repose ce numéro de Repères, cahier de danse : qu’entendons-nous quand nous parlons de communauté, de rassemblement ou d’unisson ?
Un air de famille ?
- Le ciné-danse : corps accordés, corps discordants
par Marisa Hayes
Si la danse rêve parfois de corps homogènes, le film lui offre la possibilité de multiplier une image et de créer des chorégraphies pour des corps qui sont, dès lors, rigoureusement identiques. Marisa Hayes revient sur les usages poétiques de cette technique (en prenant l’exemple des travaux de Maya Deren, Norman McLaren et Kathy Rose) et montre combien le fantasme de la duplication fait simultanément éclater l’unité du corps et de l’individu.
- Une communauté à partager
entretien avec Catherine Legrand, Jean Rochereau et Michèle Rust
Catherine Legrand, Jean Rochereau et Michèle Rust, depuis plusieurs années, transmettent le répertoire de Dominique Bagouet. Ils ont ainsi été amenés à objectiver ce qui se donnait à voir initialement comme un « air de famille » au sein de la compagnie Bagouet. Ils décrivent ce chemin qui, loin de fixer une méthode d’enseignement unique, s’ouvre à de multiples inventions et donne lieu à des projets divers.
- Danser à la manière de l’autre au CNSMDP
Réflexions d’une étudiante du junior ballet contemporain
par Tatiana Julien
« On dit que nous sommes une « classe homogène ». Georgia a quatre ans de CNR (Conservatoire National de Région) derrière elle. Aurore dansait sur pointes. Jérémy étudiait depuis quatre ans à l’Académie Internationale de la Danse. Sébastien était la grande star de son école à Singapour. Thalia avait déjà mené la vie d’horaires aménagés dans deux CNR différents. Konan venait de lâcher huit ans de batterie pour commencer la danse […]. Et moi, je n’avais quasiment jamais fait de classique ni d’ateliers. Nous venions tous d’ailleurs, nous étions tous différents, et arrivions avec une valise plus ou moins remplie ! Par quels moyens pouvons-nous dire ainsi que nous sommes une « classe homogène » ? De quelle manière les cinq années de formation au CNSMDP [Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris] parviennent-elles à faire d’une classe hétéroclite un groupe si homogène ? […] »
- Traverser le corps de l’autre
Une utopie fondatrice
entretien avec Christine Gérard
Christine Gérard, danseuse et chorégraphe, dirige le cours de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Elle revient sur la façon dont, au cours de sa formation mais aussi tout au long de sa carrière d’interprète, un danseur est amené à articuler sa singularité et sa capacité à intégrer le mouvement de quelqu’un d’autre.
Faire ensemble
- Partager un état de conscience
entretien avec Clémence Coconnier autour du travail de Myriam Gourfink
Myriam Gourfink est l’une des chorégraphes dont le travail implique une construction corporelle partagée par les interprètes. Clémence Coconnier, l’une des interprètes de sa création 2009, décrit la façon dont ce « corps commun » se construit, sans imitation, sans unisson, mais par une pratique physique singulière impliquant un langage commun.
- Quel ensemble pour la danse break ?
Compte-rendu de travail
par Anne Nguyen, chorégraphe
« Danse contre la norme, danse contre l’anonymat et la ségrégation, danse à revers de la gravité et du bon sens, le break est, par définition, une danse individualiste, basée sur le système du défi. […] Mais lorsque le break s’expose sur la scène d’un théâtre, quel « ensemble » peut-on créer artificiellement par le biais d’une chorégraphie ? Je parlerai ici de mon expérience en tant que chorégraphe de la compagnie par Terre, en particulier du processus de recherche mené lors de la création de L’Esprit Souterrain (2008). […] »
- L’unisson comme aventure technique
entretien avec Enora Rivière autour de Tempo 76 de Mathilde Monnier
Tempo 76, de Mathilde Monnier, place les spectateurs face à une énigme : alors que la musique ne fournit aucun repère identifiable, les interprètes se livrent à une suite de mouvements d’un synchronisme étonnant. Si l’écoute est au cœur du travail des danseurs, il s’agit là d’un degré de précision supérieur, presque irréel. Enora Rivière, chargée pour cette pièce de l’ « écriture de la partition », décrit le travail qui a sous-tendu cette création : l’unisson, souvent considéré comme le degré zéro de la composition chorégraphique, s’expose ici dans toute sa complexité.
- Vu en commun
Entretien avec Sylvie Pabiot
par Gérard Mayen
À notre appel à contributions, qui souhaitait explorer les « corps communs » dans la création chorégraphique actuelle, Gérard Mayen a répondu en exposant le cas de Rézo. Dans cette pièce de Sylvie Pabiot, l’investissement du regard lui avait paru produire une corporéité partagée par les différents danseurs, un ensemble dont l’observation avait constitué pour lui une expérience singulière.
N° 24 - novembre 2009 : Corps de danseurs, normes et inventions
Bien qu’un lieu commun sur la danse du XXe siècle veuille qu’elle ait fait éclater les normes corporelles en vigueur dans le ballet « classique », force est de constater qu’il existe, de façon plus ou moins implicite, des règles qui norment les corps de la danse des années 2000, quelle que soit l’esthétique concernée. Le numéro 24 de la revue Repères, cahier de danse se penche sur ces normes : le poids, l’âge, les proportions, les images qui tiennent lieu de modèles… Dès lors, il s’agit de poser sur la danse un regard attentif à la dimension pratique, concrète, de cet art : Wilfride Piollet s’interroge sur ce qu’implique le fait d’avoir une tête particulièrement volumineuse, Raphaël Cottin relève, à l’occasion d’une reprise de rôle, le fait que certains interprètes « se ressemblent » physiquement, Amanda Cron-Faure se demande comment on peut sauter à soixante-dix ans passés, Georges Vigarello observe différentes façons d’être mince…
Mais poser la question des normes, c’est dans le même mouvement poser la question du hors-norme, et poser la question du corps, c’est se pencher non pas sur un objet clos et définitif, mais sur un processus : les textes réunis dans ce numéro soulignent qu’un corps n’a jamais fini de se construire et de se reconstruire. Les danseurs, dans un constant aller-retour entre des normes, des représentations d’eux-mêmes, des techniques et des projets esthétiques, inventent leur corps tout au long de leur carrière.
Corps de cygnes
Wilfride Piollet, danseuse étoile de l’Opéra de Paris, aujourd’hui pédagogue, commente des photographies du Lac des cygnes, prises entre la fin du XIXe siècle et les années 2000 : ces images soulignent combien, dans le cadre a priori normatif du ballet classique, les normes sont multiples et mobiles, révélant une variété étonnante de corps et de projets esthétiques.
Nicolas Villodre, chargé des collections à la Cinémathèque de la Danse, revient sur la formation des images de danse, intimement liées à l’histoire technique de la photographie et du cinéma.
Une question d’histoire : qu’est-ce qu’être mince ?
Si la minceur est un trait dominant parmi les danseurs, c’est aussi une norme qui s’applique à la société occidentale dans son ensemble. L’historien Georges Vigarello revient ici sur l’histoire de la minceur féminine, depuis le Moyen Âge : au fil du temps, on n’est pas mince de la même façon, ni pour les mêmes raisons. Les différentes valeurs que la minceur a recouvertes témoignent ainsi de l’évolution des conceptions du corps, mais aussi de la place des femmes dans la société.
Un corps national
Pauline Vessely prépare un doctorat sur le Ballet national de Cuba. Elle se penche sur les normes corporelles qui prévalent au sein de ce Ballet, et qui sont sous-tendues par la conception d’un corps cubain : la surprenante affirmation d’une identité nationale à travers la danse classique, importée d’Europe et de Russie via les États-Unis.
L’âge du corps
Amanda Cron-Faure et Sylviane Pagès étudient un phénomène marginal : la présence, sur les scènes d’aujourd’hui, de danseurs âgés. Elles s’intéressent au cas d’Ôno Kazuo, « le plus vieux danseur du monde », de Françoise et Dominique Dupuy dans La Danse du temps de Régine Chopinot, et s’entretiennent avec Elsa Wolliaston et Suzon Holzer : chacun de ces danseurs interroge les normes en vigueur dans le monde chorégraphique, en proposant d’autres façons de voir et de pratiquer la danse.
Transformations
Raphaël Cottin se penche sur le dessin de lui-même qu’il avait fait, âgé de 13 ans, à son entrée au conservatoire. Il s’interroge sur ce qui a changé dans son corps au cours des dix-sept dernières années : il relate son parcours de danseur en questionnant la façon dont son corps a répondu aux diverses propositions des chorégraphes avec lesquels il a travaillé.
Joëlle Vellet tente de comprendre comment un chorégraphe appose sa « marque » sur le corps des interprètes avec lesquels il travaille. Assistant au travail en studio pour la création d’une pièce d’Odile Duboc, elle observe la façon dont la chorégraphe transmet son imaginaire aux danseurs, qui en retour s’approprient ce « mode perceptif ».
Anne Lopez, depuis dix-huit ans, mène des ateliers de danse en milieu hospitalier, notamment auprès de personnes autistes : relatant ces expériences, elle rappelle la capacité de ces « corps extraordinaires » à se moduler, à se déployer et à s’ouvrir.
Le corps entre profondeur et surface
La référence à l’ « intériorité » traverse les pratiques de danse et les discours sur la danse depuis le XXe siècle. Bojana Bauer s’interroge sur ce que recouvre cette notion dans une pièce récente de la chorégraphie Eszter Salamon : il ne s’agit plus d’opposer le travail intérieur à la face « visible » du corps, mais de montrer le processus même de formation du geste.
Premières leçons de danse
Si la notion de « corps de danseur » nous renvoie spontanément aux normes en termes de proportions anatomiques et d’habiletés spécifiques, Stéphanie Mirouse et Samuel Julhe nous rappellent qu’un corps de danseur se caractérise aussi par une façon de se comporter – soumise, elle aussi, à des normes que les apprentis danseurs vont devoir incorporer. Or il s’avère que les premiers temps de l’apprentissage des petites filles d’un cours de danse classique sont marqués par des « chahuts » qui semblent mettre en échec l’image canonique de la danseuse.
L’autre corps du tango
Dans le tango, les corps des danseurs se conforment généralement à un style on ne peut plus reconnaissable : un home gominé et ombrageux, « viril », enlace une femme féline et sensuelle… Christophe Apprill observe le danseur Mariano Chicho Frumboli, qui se signale par une corpulence atypique et par des choix vestimentaires délibérément à l’écart des normes du monde du tango : l’invention d’une autre élégance.
Le corps hindou dansant
Le corps proposé par les danses hindoues, qui reflète une conception spécifique de la société, doit être le vecteur d’une progression spirituelle pour le public : Eliane Beranger se penche sur les fondements et sur les éléments clés de cette construction corporelle.
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N°23 - avril 2009 : Merce Cunningham et la danse en France aujourd'hui
L’importance de Merce Cunningham dans l’histoire de la danse est universellement reconnue : remise en cause du lien musique-danse, de l’utilisation traditionnelle de l’espace scénique, développement d’une technique que des centaines de danseurs ont travaillée, recours à l’aléatoire… Comment d’autres artistes se saisissent-ils de ces recherches ? Que retient-on de Cunningham, qu’en ignore-t-on, et pourquoi ?
Il s’agit donc ici d’interroger l’esthétique et la démarche de Merce Cunningham, mais aussi, dans un même mouvement, les désirs et projets des danseurs qui travaillent en France aujourd’hui.
Le « moment Cunningham »
Sylviane Pagès se penche sur les réactions de la presse face à l’arrivée en France de la compagnie Cunningham, des années 1960 à 80 : l’étude de sa réception dessine « en creux » l’histoire de la danse contemporaine et la structuration du champ de la danse en France.
Une erreur s'est glissée dans la page 4 de cet article :
Merce Cunningham n'est pas né en 1929, mais en 1919.
Nous présentons nos excuses à nos lecteurs et à l'auteur de l'article, Sylviane Pagès, qui nous avait remis un article sans coquille...
La compagnie Cunningham en France
Bénédicte Pesle œuvre depuis plus de 40 ans à la diffusion en Europe de la compagnie Cunningham : elle retrace son parcours, et l’enthousiasme collectif qui a permis aux recherches chorégraphiques américaines d’être rendues visibles en France. Denise Luccioni se penche sur le « malentendu » qui entoure la réception de l’œuvre de Cunningham : le processus de composition de ce dernier entre en tension avec les attentes traditionnelles du public dans un pays comme la France. Quant à Patrick Harlay, il pose sur la compagnie Cunningham un regard de danseur, attentif aux corps et aux habiletés techniques des interprètes.
Matière à transmettre
Sandrine Barrasso interroge Isabelle Marteau, enseignante formée au Merce Cunningham Studio, sur la technique Cunningham : comment définir la fameuse « courbe Cunningham » ? Comment un cours de technique Cunningham se compose-t-il ? Cheryl Therrien revient sur son travail de remontage d’une pièce de Cunningham avec les élèves du conservatoire de Paris (CNSMDP) : les enjeux de l’esthétique cunninghamienne transparaissent dans la minutie vertigineuse de ses questionnements face aux captations filmées et aux notes relatives à cette pièce de 1953.
Inventer Cunningham
Les questions et les projets d’autres danseurs viennent éclairer, problématiser, redéfinir ou orienter l’œuvre de Cunningham : interroger son impact sur la danse en France, c’est nécessairement, en retour, interroger ce que nous faisons à Cunningham.
Témoignages de Julia Cima, Kilina Crémona, Michel Hallet Eghayan, Gabriel Hernandez, Anne-Karine Lescop, Jean Pomarès, David Wampach.
Danser et avoir dansé chez Cunningham
Ashley Chen a été engagé par la compagnie Cunningham après s’être formé au CNSMD de Paris. Que représente, pour un jeune danseur, le fait d’intégrer une telle compagnie et d’y travailler pendant plusieurs années ?
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N°22 - novembre 2008 : quelles cultures en danse?
Qu’est-ce qu’être « cultivé » en danse ? Comment se forge-t-on une culture dans ce domaine ? Quels espaces pourrait-on identifier comme « lieux de culture » des danseurs ?
Cette question est généralement abordée en termes de « culture chorégraphique ». A cette expression, qui tend à circonscrire la culture à un ensemble de connaissances, organisé autour des œuvres et de leur histoire, nous avons préféré celle de culture en danse : elle élargit la notion de culture aux savoirs et savoir-faire des danseurs, ainsi qu’à leurs modes de transmission spécifiques, ancrés dans le corps et l’oralité.
- L’exception culturelle chorégraphique
Katharina Van Dyk présente les différentes facettes de la notion de culture, pour tenter d’approcher, d’un point de vue philosophique, ce que peut être une culture en danse.
- Quelle est votre culture en danse ?
À différents acteurs du monde de la danse (danseurs, enseignants, chorégraphes, notateur, étudiante…), nous avons adressé une question toute simple : « Quelle est votre culture en danse ? ». De façon très révélatrice, aucune de ces personnes, dans sa réponse, ne se réfère à une culture constituée, extérieure à elle. Chacune d’entre elles raconte son parcours, les strates de savoir et de sensibilité qui la définissent : c’est la dimension fondamentalement vécue de la culture qu’elles mettent en évidence.
Réponse de : Romain Panassié, Nathalie Collantes, Annie Bourdié, Lucile Goupillon, Charlène Faroldi, Vannina Olivesi.
- Lieux de culture
Qu’est-ce qu’un lieu de culture en danse ? Le tour d’horizon commence avec le Théâtre de la Ville, dont la programmation fait référence : il nous a semblé important d’interroger la façon dont elle est fabriquée, par le biais d’un entretien avec Gérard Violette. Laetitia Doat et Ninon Prouteau explorent ensuite l’histoire de l’Ecole Supérieure d’Etudes Chorégraphiques (l’ESEC, 1955-1986), qui chercha à définir quelle culture il fallait dispenser à de futurs interprètes et pédagogues. Nadia Croquet revient ensuite sur le CNDC d’Angers et son bulletin, qui, à la charnière des années 1980 et 90, s’attachaient à diffuser une culture à l’échelle du milieu de la danse. Philippe Le Moal présente enfin l’aventure d’un dictionnaire de la danse : un autre « lieu culturel », visant à constituer, sur le mode encyclopédique, une culture en danse ambitieuse.
- Une culture populaire : les images de Béjart
Il est au moins un nom de chorégraphe qu’une majorité de personnes connaissent : Béjart. Germaine Cohen, monteuse de films, qui a travaillé avec Maurice Béjart et suivi toute sa carrière depuis les années 1960, et Xavier Baert, chargé de programmes à la Cinémathèque de la danse, reviennent sur le « phénomène culturel » que représentent les images de Béjart, phénomène étroitement lié à la place du film et de la télévision dans notre société.
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N°21 - avril 2008 : le travail des danseurs
Qu’est-ce que « travailler » pour un danseur ou un chorégraphe ? A l’heure où le régime de l’intermittence se durcit, où l’argent se fait rare pour la culture, comment les conditions de travail reconfigurent-elles leur métier ? Comment, à différentes époques, les liens entre la danse et le monde du travail ont-ils été pensés, inventés, utilisés ?
- Un parcours de danseur dans les années 1960 et 70
récit de Jean Rochereau, danseur
- Les « plans opéra »
entretien avec Philippe Chéhère, danseur
- Regard sur un milieu professionnel
(en collaboration avec le département des métiers du Centre national de la danse)
entretien avec Alice Blondel, Janine Rannou, Agnès Wasserman
- Le métier de danseur : une sociologie de la croyance et de la transgression
entretien avec Pierre-Emmanuel Sorignet, sociologue
- parades & changes, replays, d’après Parades and Changes d’Anna Halprin
entretien avec Anne Collod, danseuse
- Un jeu de ping-pong
entretien avec Manuel Coursin, créateur sonore
- De l’infusion à la diffusion
entretien avec Christophe Haleb, chorégraphe
- Le blog est un outil
par Frédéric Werlé, danseur
- Transposition verticale. Récit d’un travail de la danse vers le cirque
par Agathe Dumont, chercheuse en danse
- Unis dans la joie de vivre et de produire : utopies de la danse ouvrière en Allemagne de l’Est
par Franz Anton Cramer, historien
- Autour d’un mouvement de danse populaire
entretien avec Michel Caserta et Franz Anton Cramer
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N°20 - novembre 2007 : danse et musique
Des danseurs, chorégraphes, chercheurs en danse mais aussi des musiciens, un compositeur, un réalisateur sonore, un musicologue dialoguent dans ce numéro : qu’est-ce que la « musicalité » en danse ? Quelles sont les demandes adressées par les danseurs aux musiciens, et vice-versa ? Quels liens tisser entre gestes, sons et émotions ?
- Entretien avec Olivier Renouf, réalisateur sonore
- Stravinsky-Balanchine et le néoclassicisme « constructiviste »
par Gianfranco Vinay, musicologue
- La collaboration Cage-Cunningham : un processus expérimental
par Annie Suquet, historienne de la danse
- Corps d’écriture (autour de l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker)
par Philippe Guisgand, danseur et universitaire, et Jean-Luc Plouvier, musicien
- Récit de travail sur Le Sacre du printemps
par Xavier Le Roy, chorégraphe
- La musicalité du danseur, saveur d’une présence singulière dans l’instant
par Jean-Christophe Paré, danseur, directeur de l’ENSDM
- Anatomie de l’envers
par Gérard Pesson, compositeur
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N°19 - mars 2007 : le danseur et l'émotion
Est-il naïf aujourd’hui, voire déplacé, de revendiquer la capacité de la danse à exprimer, créer et transmettre des émotions ? Pour aborder cette question, nous avons rencontré des danseurs, et parlé avec eux de pièces d’esthétiques contrastées : Giselle de Coralli et Perrot (version de l’Opéra de Paris), L’après-midi d’un faune de Nijinski remonté par Dominique Brun, May B de Maguy Marin et Jérôme Bel de Jérôme Bel. Nous avons demandé aux danseurs comment ils envisageaient les émotions dans leur travail d’interprète sur ces œuvres.
- Transmettre des motivations
entretien avec Ghislaine Thesmar autour de Giselle
- Autour de Giselle, une poétique de l’interprétation
par Laetitia Doat et Marie Glon, sur la base d’entretiens avec Aurélie Dupont, Agnès Letestu, Clairemarie Osta et Laëtitia Pujol
- L’expression des émotions, cadre idéologique des arts scéniques occidentaux
entretien avec Rafael Mandressi et Juan Ignacio Vallejos
- Le danseur des passions selon Noverre
par Juan Ignacio Vallejos
- Laisser parler les signes
entretien avec Sophie Gérard autour de L’après-midi d’un faune
- Traverser
par Julie Salgues, autour de L’après-midi d’un faune
- Composer des affects en danse
entretien avec Claudia Gabler et Isabelle Launay
- Le risque de l’émotion
entretien avec Ulises Alvarez autour de May B
- Ça n’en finit pas ?
par Frédéric Pouillaude, autour de May B
- Un état d’innocence
entretien avec Claire Haenni et Frédéric Seguette autour de Jérôme Bel
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N°18 - novembre 2006 : espaces de danse
Des danseurs, des chorégraphes, des architectes, une scénographe, un programmateur, un peintre et une créatrice lumière s’associent pour approcher la notion d’espace en danse. Cette question est abordée dans ses aspects les plus matériels (de quels espaces les compagnies disposent-elles ? Comment conçoit-on un lieu pour la danse ?) et dans ses implications artistiques : comment un danseur construit-il l’espace ?
- L’espace en question
par Julie Perrin
- Penser un lieu pour la danse
entretien avec Michel Caserta et Philippe Prost
- Lieux et luttes
par Marie Glon
- Un bâtiment qui sort de terre pour la danse
le C.C.N. de Rillieux-la-Pape
- Autour du C.C.N. de Belfort
entretien avec Odile Duboc et Françoise Michel
- L’architecture comme performing art
entretien avec Rebecca Williamson
- Toute architecture est un cadrage du mouvement
entretien avec Xavier Fabre et Philippe Guérin
- Le corps à l’édifice
par Philippe Guérin
- Faire « voir du lieu » avec la danse
entretien avec Laurent Pichaud
- La création est une chose très concrète
entretien avec Frédéric Flamand
- L'espace modelé par le souffle
par Virginie Mira, scénographe
- Créer un espace qui vibre
entretien avec Jean-Christophe Boclé
- Parcourir et discourir
par Enora Rivière
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N°17 - mars 2006 : image du corps
Comment approcher le travail du danseur ? Cette question est ici abordée avec, pour outil, l’image du corps. Cette notion, issue de la psychologie, désigne la façon dont notre corps nous apparaît à nous-même, par le travail du sentir et de la mémoire : le dialogue de l’image du corps et de la danse ouvre des pistes pour penser la négociation avec un modèle, le lien du ressenti intime et du donné à percevoir, le rôle de l’imaginaire dans les savoirs et techniques du corps.
- De l'image à l'imaginaire
par Isabelle Ginot, Gabrielle Mallet, Julie Nioche et Christine Roquet
- Image du corps et formation
Dialogue avec un modèle par Marie Glon
Entretien avec François Chaignaud, danseur
- Image du corps et notation
Cinétographie et image du corps, par Laetitia Doat
Entretien avec Myriam Gourfink, chorégraphe
- Imaginaires scientifiques
Entretien avec Yann Lheureux, chorégraphe
Entretien avec Julie Nioche, chorégraphe
Entretien avec Rafael Mandressi, historien
L'impact des cultures numériques sur l'image du corps, par Antonio Casilli, sociologue
- Faire image
Le corps perçu, par Marie Glon (témoignages d’Alice Chauchat, Rosalind Crisp, Yann Lheureux, Alban Richard, Nathalie Schulmann)
La sensation de l’intelligible – L’image du corps dans Olympia de Vera Mantero, par Bojana Bauer
Du papier à la chair, de la chair au papier – L’image du corps dans Solum de Filiz Sizanli, par Laetitia Doat
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N°16 - novembre 2005
- Entretiens : trois parcours
Trois personnalités majeures de la danse en France, Françoise Dupuy, Ingeborg Liptay et Susan Buirge, nous parlent de leur travail et de leurs expériences.
Il s’agit d’évoquer les recherches exceptionnelles et fondatrices qui ont eu lieu il y a 40, 50, 60 ans et dont on ignore presque tout. Ce vide historique est en effet l’une des grandes lacunes et frustrations de la danse. Mais il s’agit d’abord de recueillir une parole d’aujourd’hui, et de poser les problèmes actuels. Qu’est-ce qui fait qu’un parcours d’artiste se construit, se poursuit, sur plusieurs dizaines d’années ? Comment le « moment chorégraphique » que nous vivons peut-il être mis en perspective ? Comment ces trois femmes, aujourd’hui, parlent-elles de la danse et du besoin de danser ?
À la parole de ces trois chorégraphes s’adjoint le témoignage de Chantal Aubry, Lise Brunel, Christine Gérard, Jean Pomarès.
- La danse et le rire
De « la danse ne m’a jamais fait rire » (Jean-Marc Adolphe) au « rire comme matière de danse » (Brigitte Dumez), du burlesque au « rire qui me fait pleurer à l’intérieur » (Dominique Boivin) : un cheminement rebondissant entre deux expressions que l’on rapproche rarement.
Ce thème en effet a de quoi surprendre : la danse, si elle est liée à la joie et au sourire, n’apparaît que rarement « comique ». Et pourtant… Le burlesque est un style éminemment chorégraphique ; les pensées de la danse et du rire se rejoignent souvent ; et le rire fuse dans les studios, en période de création, face à une trouvaille ou une maladresse révélatrice. On apprendra aussi que dans l’art des temples du Kerala (Inde), c’est par un éclat de rire que le spectacle commence… Danse et rire entretiennent un dialogue singulier, en tant qu’expressions fondamentalement corporelles, déployant un rapport particulier à la raison et à l’émotion.
- La danse ne m'a jamais fait rire
par Jean-Marc Adolphe
- Pensées rebondissantes sur la danse et le rire
par Marie Glon
- On ne badine pas avec le corps
par Anne Lucas
- Le rire comme matière de danse
entretien avec Brigitte Dumez, chorégraphe
- Le rire démystificateur de Caterina Sagna
par Jelena Rajak
- Entretien avec Eliane Béranger, spécialiste des traditions scéniques de l'Inde
- Le burlesque dans le cinéma et la danse contemporaine
par Clotilde Amprimoz
- Le rire qui me fait pleurer à l'intérieur
par Dominique Boivin, chorégraphe
Ce dossier constitue le prolongement de la journée d’étude « Les rires de la danse », organisée le 14 avril 2005 à la Sorbonne par la Biennale nationale de danse du Val-de-Marne et l’Institut d’Esthétique des Arts Contemporains (Paris1 / CNRS).
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N° 15 - mars 2005
- Entretien avec Emmanuelle Huynh
Emmanuelle Huynh appartient à la génération d’artistes qui, à partir du milieu des années 1990, a remis en question le monde de la danse dans ses diverses composantes – esthétiques, politiques, économiques. Elle évoque ici son travail et ses projets, au moment où elle s’insère dans l’institution : en janvier 2004, elle a été nommée à la tête du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers.
- La danse et la presse
Le milieu de la danse comprend des artistes mais aussi un réseau d’acteurs qui participent à la vie de la danse, à la pensée qu’elle crée. Parmi ces acteurs, la presse détient une place importante : elle met en perspective la place de la danse dans notre société.
Sabine Arman, Chantal Aubry, Ariane Bavelier, Raphaël de Gubernatis, Philippe Guisgand, Agnès Izrine, Christophe Martin, Gérard Mayen, Gilles Petit, René Sirvin, Marie-Christine Vernay, Philippe Verrièle.
- Isadora Duncan
Peu de chorégraphes sont aussi célèbres que la danseuse mythique du début du XXe siècle, mais son art est souvent considéré comme suranné, voire désuet. La question abordée ici est donc celle de l’actualité d’Isadora. Il s’agit aussi d’explorer l’utilisation d’une danse du passé – et ce qu’elle nous révèle, en contrepoint, des corps et de l’esthétique dominante d’aujourd’hui.
Laetitia Doat, Amy Swanson.
- Déplacements de la danse
Où danse-t-on ? Les danseurs investissent l’espace privé (danse en appartement…) et public pour des performances hors normes. En parallèle, un certain nombre d’entre eux quitte Paris et les grandes villes pour s’installer à la campagne : quelles sont les significations de ces déplacements ? Comment, aujourd’hui, conçoit-on le spectacle, la vie d’artiste et les moyens de production chorégraphique ?
Cécile Borne, Catherine Contour, Véronique Favarel, Olivier Gelpe, Latifa Laâbissi, Alain Michard, Catherine Rees, Marie Roche, Michèle Rust.
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N°14 - octobre 2004
- Approcher le regard (danse et arts plastiques)
C’est presque un lieu commun que de rappeler les liens étroits de la danse et des arts plastiques. Comment dépasser la comparaison des techniques et des langages pour toucher la question de la création, de notre regard sur les œuvres, et peut-être du regard que les œuvres portent sur nous ?
« Les œuvres ont mémorisé des milliards de geste possibles depuis des millénaires. Il a fallu attendre le XXe siècle pour que ce trésor corporel soit saisi par les danseurs et donne toute sa mesure. » Daniel Dobbels
- Entretien avec Daniel Dobbels, chorégraphe et critique d’art
- Investigation dans la danse et les arts plastiques
par Marie Glon (sur la base d’entretiens avec Trisha Bauman, Anne Lucas, Cécile Proust, Pascal Quéneau, Ioana Violet)
- Renverser le regard
entretien avec Thierry Niang, chorégraphe
- Travailler le regard comme une matière
entretien avec Florence Gabriel et Muriel Venet
- Entretien avec Jean-Christophe Paré, danseur
- Questions de matière et de geste, d'espace et de temps
par Florence Gabriel
- Marcher
Comment la marche devient-elle la danse ? Que dit-elle de l’homme et du danseur ?
« Rien ne me plaît plus que chaque changement d’appui, comme une aventure nouvelle, risquée et délicieuse. J’aimerais convaincre quelques-uns de ce bonheur-là. J’aime dans le pas sa capacité à donner ou redonner sens à notre relation à la terre et au temps. […] J’aime qu’il nous porte à effectuer deux actes majeurs de notre art, l’entrée et la sortie de scène. » Dominique Dupuy
- Péripat(h)étiques Péripéties
par Dominique Dupuy, danseur
- Walk, Dance, Art and Co., la démarche de Christine Quoiraud
- Entretien avec Jean-Philippe Regnaux, kinésithérapeute
- Entretien avec Odile Rouquet, kinésiologue
- Petite théorie anthropologique de la démarche acrobatique
par Myriam Peignist
- Entretien avec Marie Reinert, plasticienne
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N°13 - mars 2004
- Entretien avec Dominique Bagouet
Quelques mois avant son décès, Dominique Bagouet, atteint du Sida, a accordé à Jean-Michel Plouchard un entretien au cours duquel tous deux avaient convenu de parler « de tout, sauf de la maladie » ; l'occasion pour ce chorégraphe emblématique de revenir librement sur son œuvre et son évolution, mais aussi sur des thèmes qui lui étaient chers, comme l'interprétation et le respect du danseur : « je trouve que, finalement, la forme n'a pas tant d'importance que ça par rapport à ce qu'on veut bien lui faire vivre. »
- Danse et Sida
Agnès Izrine se penche sur l'influence du Sida dans la production chorégraphique des deux dernières décennies : elle étudie la façon dont la maladie se déploie dans la danse comme un « sous-texte », discret mais qui travaille le corps. Les modèles actuels de représentation du corps – tout-puissant ou trivial – se révèlent alors comme une réponse aux questions que l'épidémie pose à la société.
- Le Sida en 2004 - Retentissement de la maladie VIH sur le corps et son image
Le professeur Alain Sobel fait le point sur la maladie VIH/Sida : à l'heure de la trithérapie, quel est l'état de la recherche ? Que signifie aujourd'hui « être malade du Sida » ? Il montre que si la maladie a changé d'aspect et de signification, le virus et les effets secondaires du traitement continuent d'affecter non seulement le corps, mais aussi ses symboles.
- L'incarnation du danseur
Wilfride Piollet, danseuse-étoile aujourd'hui pédagogue, revient avec Nadège Tardieu, anthropologue, sur sa méthode d'enseignement, qui se distingue notamment par l'analyse du mouvement et l'autonomie de l'interprète – alors qu'on affirme généralement, pour l'apprentissage de la danse classique ou contemporaine, la nécessité d'un appui extérieur et de la soumission à l'autorité du maître. « La re-création de soi-même par l'imaginaire permet au corps d'exister, de savoir qu'il existe, de savoir comment il est fait et ce qu'il peut faire. »
- Du collage au métissage
Le premier numéro de Repères abordait l'interaction de la danse et des nouvelles technologies. Le témoignage d'artistes africains (numéro de novembre 2003) a ensuite soulevé le problème de la rencontre des cultures et du respect des racines. La réflexion se poursuit avec Jean-Marc Lachaud, qui questionne la « mode » du métissage et des postures esthétiques et idéologiques qu'elle recouvre.
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N°12 - novembre 2003
- La mécanique du danseur
Le philosophe Michel Onfray ne danse pas. Et il se demande pourquoi. C'est l'occasion d'un long cheminement dans la pensée de la danse, semé d'idées stimulantes : un homme qui ne danse pas peut-il parler de danse ? Pourquoi accepter la fatigue et le labeur qu'implique la danse ? L'aspiration de maint danseur à un geste valable « en soi », situé en-dehors d'un contexte précis, ne s'assimile-t-elle pas à un désir de mort du mouvement ?
- Entretiens
Les entretiens réunis dans ce numéro interrogent l'identité de la danse, en abordant la danse baroque (Béatrice Massin), l'idée que l'on se fait de la danse africaine (Seydou Boro, Khady Fofana, Eva Konte, Heddy Maalem, Georges Momboye, Merlin Nyakam, Salia Sanou), la comparaison du milieu de la danse en France et en Tunisie (Imen Smaoui)... Une rencontre avec la Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile-de-France rappelle que ces questions esthétiques sont dépendantes de la société dans laquelle l'art s'inscrit.
- Le Baroque a-t-il existé ?
Marc Bayard, historien d'art, bouscule nos certitudes tranquilles sur l'histoire. Il montre que les discours sur le Baroque ont perpétuellement ré-inventé ce mouvement esthétique, et l'ont soumis à de nombreux usages politiques et idéologies... Cette réflexion l'amène à analyser avec exigence l'utilisation du Baroque et de la mémoire dans les créations contemporaines.
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N°11 - mars 2003
- Un lieu commun
Nous avons demandé à Isabelle Ginot d’exposer son regard sur la création contemporaine. Or son article montre combien la simple notion de « création » est problématique aujourd'hui : est-elle applicable aux performances, improvisations et autres anti-spectacles ? Ce texte éminemment politique met en lumière les questions et les désirs qui sous-tendent cette nébuleuse de « formes alternatives ». Il analyse les mutations engendrées par ces nouveaux modes de représentation, en termes de jugement, de public, de diffusion. Des voies s'ouvrent ainsi vers une nouvelle façon de regarder le « milieu » dans lequel la danse se déploie.
- Le danseur et les marchands
Alain Foix, philosophe, s'intéresse à « l'interdisciplinarité », notamment à l’irruption des nouvelles technologies dans les spectacles de danse. Ses prises de position rompent de façon salutaire avec le « politiquement correct » qui envahit souvent les jugements portés sur l'art… Elles affirment l'exigence nécessaire quant aux questions que la danse doit soulever, quant au rôle de la danse et à celui du danseur.
- Entretiens : la parole aux interprètes
Pascal Allio et Raphaël Cottin nous livrent leur point de vue de danseurs sur l'interprétation et le monde de la danse. Ces deux entretiens nous font toucher du doigt un métier ; ils en dressent une éthique, en abordant des questions fondamentales aussi bien sur la recherche en danse que sur le fonctionnement du milieu professionnel et ses dérives.
- De l'écriture
Gérard Astor, homme de théâtre, lie plusieurs créations – un tableau, une pièce de théâtre, une mise en scène et deux chorégraphies – par la jonction que son regard établit entre elles. Il tisse ainsi des chemins révélateurs entre des arts, des époques, des modes de production différents... Et met en évidence l'importance des conditions de création, inscrites au sein même de l'écriture des œuvres.
- 2003
Philippe Verrièle dresse un « bilan provisoire » de l’action de la Biennale nationale de danse du Val-de-Marne, replacée dans le contexte de la reconnaissance de la danse depuis la fin des années 1970 et de sa progressive institutionnalisation : en rappelant les revendications et les difficultés de la danse contemporaine à ses débuts, il éclaire la situation actuelle – aussi bien dans ses impasses que dans ses avancées.
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