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© Eléonore Didier
 



Créteil
Maison des Arts
 



Retour Plateaux 2009
 

 

Eléonore Didier


Association Dépose Incorp.

France


laiSSeRVenIR


(2009 – 20 min)



Conception Eléonore Didier
Interprétation Mathilde Lapostole
Lumières Gisèle Pape

 

La pièce


l a i S S e R V e n I R
revient sur un espace-matériau découvert à l’occasion d’une recherche précédente. Je souhaitais l’en isoler pour le fouiller plus à fond. J’ai travaillé à l’endroit précis d’une multitude et d’une densité. Un lieu à la fois strictement identifié, mais dont le terrain reste incontrôlable et me dépasse.
Je me suis intéressée au fait que les mœurs grecques et romaines ne particularisaient pas l’homosexualité et l’hétérosexualité, mais divisaient les attitudes amoureuses en passive et active. Notre conception culturelle des comportements sexuels attribue ces attitudes en fonction des genres biologiques, étant entendu que la femme est passive, l'homme actif. Laisser et venir sont deux verbes, deux actions, deux gestes contradictoires. Le premier envisage un abandon, une passivité ; le second une activité.

À l’image de ces verbes et de ces comportements amoureux, le solo chemine par ces textures de corps, tantôt passif, tantôt actif. Accolés, ces deux verbes proposent une autre signification encore.
Par extension de ces premiers éléments de travail, j’ai été amenée à travailler sur les axes vertical et horizontal.

Le solo parle d’un espace tridimensionnel qui par conséquent se pénètre ; d’un rapport sexué au monde qui par conséquent questionne les représentations de la féminité. Il parle aussi de la solitude ; compagne nécessaire et passionnante, elle est aussi pathétique et aliénante.
Pendant que je fouillais, le travail me menait sur différentes pistes, et ce sont elles qui m’ont conduite dans la construction de ce solo. Il est donc peut-être la conséquence d’une circulation entre les matériaux, la perception sensible que j’en ai, mon désir naissant et des images qui s’imposent d’elles-mêmes.

l a i S S e R V e n I R est une forme courte. C’est pour moi une nouvelle occasion d’envisager l’exercice du fragment, terrain défriché par Roland Barthes et réel enjeu d'écriture. Selon Roland Barthes, le fragment serait "quelque chose comme une frappe, qu’on eût appelé autrefois un vers". Cette proposition a accompagné l’écriture de ce solo.


Eléonore Didier


Elle débute la danse en 1991 avec la compagnie Corte Sconta en Italie, avec laquelle elle travaille pendant deux ans. Elle est particulièrement marquée par ses rencontres et collaborations avec Bob Wilson, Carlotta Ikeda, Pierre Droulers. En 1999, Eléonore Didier part vivre au Portugal, où elle développe son travail d’auteur. Elle crée avec la chorégraphe allemande Jiska Morgenthal le duo Xeira (2000) puis la pièce Izur Vagabund (2001) avec le soutien du Ministère de la culture portugais et de Porto-Capitale Européenne. Elle travaille ensuite sur une série de soli produits et créés au Centre culturel de Belem (Lisbonne).

En 2005, toujours au Centre culturel de Belem, son solo Solides, Lisboa marque une étape dans son travail. La danse et la photographie constituent désormais deux axes de recherche complémentaires.
Depuis 2005, Eléonore vit de nouveau à Paris. Elle a réalisé le projet impostures au CNDC d’Angers en novembre 2006. En résidence de recherche au Point Ephémère de juillet 2006 à juillet 2007, elle propose Paris Possible, forme performative pour un spectateur, pendant 6 mois, une fois par semaine. Elle arrive en résidence à Mains d’Oeuvres en septembre 2007.



Production
Dépose Incorp. l a i S S e R V e n I R est une commande du Teatro do Campo Alegre (Porto)
Soutien de Mains d'Oeuvres, du Point Ephémère et du CDC/Biennale de danse du Val-de-Marne pour le prêt de studio.